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La réforme du crédit à la consommation

Le texte de Bercy du mercredi 22 avril sur le projet de loi de réforme du crédit à la consommation.


Réforme du crédit à la consommation
Bercy, mercredi 22 avril 2009


REFORME DU CREDIT A LA CONSOMMATION


Le crédit est utile et nécessaire à la vie des ménages.
Le crédit à la consommation joue un rôle important. Il permet aux ménages de réaliser certaines dépenses au moment où elles sont les plus utiles. Il permet de faire face à des dépenses imprévues (comme un appareil électroménager qui tombe en panne). Il peut permettre de passer des coups durs dans la gestion d’un budget.
Ce sont ainsi 9 millions de ménages – c'est-à-dire un tiers des ménages – qui ont un crédit à la consommation aujourd’hui.
Mais le crédit est aussi un acte qui engage. Les conséquences de cet engagement doivent être pleinement mesurées à la fois par les ménages qui souscrivent un crédit et par les professionnels qui les distribuent. L’entrée en crédit n’est un acte anodin ni pour le ménage qui souscrit un crédit ni pour le professionnel qui le distribue. Une entrée en crédit réussie, c’est une responsabilité partagée entre un ménage et un professionnel pour s’assurer que l’engagement pris par le ménage est adapté à sa situation.
C’est dans cet esprit que le Gouvernement souhaite réformer profondément le crédit à la consommation pour développer l’accès au crédit mais à un crédit plus responsable. Cette réforme vise à prévoir des garde-fous à l’entrée dans le crédit pour un crédit plus responsable (I) et à mieux accompagner les personnes qui connaissent des difficultés d’endettement (II).

DEVELOPPER LE CREDIT RESPONSABLE

FICHE 1 Des cartes de fidélité plus responsables

Certaines cartes de fidélité de magasins offrent aux consommateurs à la fois des avantages commerciaux et une fonction crédit. Une carte qui récompense la fidélité du consommateur doit être une carte responsable, c'est-à-dire une carte transparente et qui ne peut pas conduire le consommateur à utiliser le crédit associé à sa carte s’il ne l’a pas souhaité.
Le Gouvernement propose que la souscription d’une carte de fidélité donne lieu à une information spécifique du consommateur sur le crédit associé. Il propose également que l’utilisation à crédit d’une telle carte nécessite le consentement explicite du consommateur avant tirage du crédit.

Avant la réforme :
- Aujourd’hui, il n’apparaît pas toujours comme une évidence dans la publicité pour les cartes de fidélité des magasins ou à l’occasion de leur souscription qu’un crédit est associé à ces cartes.
- Le fonctionnement de certaines cartes de fidélité associées à un crédit peut parfois prêter à confusion. Certaines cartes prévoient une facturation des achats en fin de mois. Le consommateur dispose alors d’un certain délai pour régler ses achats, par exemple par virement, par carte ou par chèque. A défaut de règlement passé ce délai, la somme est prélevée sur le crédit associé à la carte. Le consommateur se trouve alors conduit à utiliser le crédit associé à sa carte par omission alors qu’il ne l’a pas nécessairement souhaité.

Après la réforme :
- L’utilisation des cartes de fidélité en fidélité et en crédit sera totalement dissociée :
Chaque carte de fidélité à laquelle est associée une fonction crédit devra obligatoirement comprendre une fonction paiement au comptant.
Le système actuel sera renversé : par défaut, la fonction paiement au comptant de la carte sera automatiquement activée et l’activation de la fonction crédit de la carte ne sera plus possible sans l’accord exprès du consommateur lors du passage en caisse ou à réception de son relevé mensuel.
- Si une carte de fidélité offre une fonction crédit, les publicités relatives aux avantages commerciaux liés à la carte devront en informer le consommateur.

2 MESURES :

Les cartes de fidélité auxquelles une fonction crédit est attachée devront obligatoirementcomprendre une fonction paiement au comptant.
Par défaut, la fonction paiement au comptant de la carte de fidélité sera activée. L’activation de la fonction crédit de la carte ne sera plus possible sans l’accord exprès du consommateur.
La publicité pour des avantages commerciaux associés à des cartes de fidélité devra obligatoirement faire apparaître si un crédit est associé à la carte.

DEVELOPPER LE CREDIT RESPONSABLE

FICHE 2 Encadrer la publicité pour empêcher les pratiques agressives

Les publicités sont parfois trop agressives et peuvent prêter à confusion notamment s’agissant du coût du crédit. Elles
ne permettent pas toujours au consommateur de prendre une décision réfléchie lorsqu’il est sollicité. Le
Gouvernement souhaite encadrer la publicité pour mettre fin aux pratiques abusives.

Avant la réforme :
- Les publicités peuvent parfois comprendre des mentions agressives qui assimilent le crédit à un complément de
revenus. C’est par exemple le cas des mentions suivantes qui ont pu être relevées dans des publicités : « Virement
express sans avoir à se justifier », « disposez d’un chèque ou d’un virement sur simple coup de fil » ou « une réserve
d’argent pour maîtriser votre budget ».
- L’information sur les taux d’intérêt peut manquer de clarté avec des publicités qui mettent parfois en avant des
taux d’intérêt promotionnels (valables seulement pendant les premiers mois du crédit) attractifs affichés en gros
caractères alors que le taux d’intérêt permanent est relégué à des notes en petits caractères inscrites au pied des
publicités.
- La diversité des expressions utilisées par les professionnels pour désigner le crédit renouvelable (« réserve
d’argent », « réserve de crédit », « compte disponible », « crédit reconstituable », etc) peut entraîner une certaine
confusion dans l’esprit des consommateurs et une certaine ambigüité dans les publicités.
- Il est parfois difficile pour le consommateur de se faire une idée du coût des crédits renouvelables à partir de
l’information qui lui est communiquée dans les publicités. C’est par exemple le cas avec les mentions suivantes qui
ont pu être relevées dans des publicités : « le coût total du crédit varie selon le montant, la durée du découvert
effectif du compte et le montant des mensualités » ou « le TEG annuel révisable varie de 13,64% à 18,98% ».

Après la réforme :
- Pour empêcher une présentation ambiguë des crédits, les mentions qui suggèrent qu’un prêt améliore la situation
financière de l’emprunteur seront interdites.
- Pour clarifier l’information de l’emprunteur sur le coût des crédits, le taux d’intérêt du crédit (taux annuel effectif
global) devra apparaître dans une taille de caractère au moins aussi importante que celle utilisée pour les taux
promotionnels.
- Pour éviter toute confusion, les professionnels auront l’obligation de désigner le crédit renouvelable dans toute
publicité sous le nom « crédit renouvelable » à l’exclusion de tout autre.
- Afin d’empêcher les présentations imprécises ou trompeuses du coût des crédits renouvelables et d’aider les
consommateurs à comparer les crédits, toute publicité pour un crédit devra illustrer son coût en étant accompagnée
d’un exemple standardisé et représentatif, le même sur toutes les publicités.
- Pour éveiller l’attention des consommateurs, toute publicité pour un crédit devra comprendre une mention
obligatoire, la même sur toutes les publicités : « Un crédit vous engage et doit être remboursé ».

5 MESURES D’ENCADREMENT DE LA PUBLICITE :

Interdiction des mentions qui suggèrent qu’un crédit améliore la situation financière de l’emprunteur.
Obligation de faire figurer le taux d’intérêt du crédit dans une taille de caractère au moins aussi importante que celle utilisée pour le taux d’intérêt promotionnel.
Obligation de désigner le « crédit renouvelable » par cette seule appellation à l’exclusion de toute autre.
Obligation d’illustrer le coût des crédits renouvelables dans les publicités par un exemple chiffré ; le même exemple dans toutes les publicités.
Imposer une mention légale dans toutes les publicités relatives à un crédit : «Un crédit vous engage et doit être remboursé».

DEVELOPPER LE CREDIT RESPONSABLE

FICHE 3 Un crédit responsable est un crédit qui se rembourse

Le crédit renouvelable est un instrument flexible qui peut notamment faciliter l’utilisation régulière de crédits de
petits montants. Pour autant, ces flexibilités qu’autorise le crédit renouvelable ne doivent pas faire oublier qu’un
crédit responsable est un crédit qui se rembourse. Le Gouvernement souhaite que tout crédit renouvelable prévoie
obligatoirement à chaque échéance un remboursement minimum du capital restant dû.

Avant la réforme :
- Un consommateur-emprunteur peut aujourd’hui se trouver dans une situation où les échéances de son prêt sont
principalement ou exclusivement constituées par le paiement d’intérêts qui ne laissent que peu ou pas de place pour
le remboursement du principal de sa dette. Le consommateur-emprunteur mettra alors une durée très longue pour
rembourser son crédit. Un crédit qui n’en finit pas de se rembourser, c’est aussi un crédit dont le coût n’en finit pas
d’augmenter.
- Le consommateur-emprunteur ne dispose aujourd’hui d’aucune information sur le temps que lui prendra le
remboursement de son crédit renouvelable.

Après la réforme :
- Afin de faciliter le remboursement des crédits renouvelables, chaque échéance d’un crédit renouvelable devra
obligatoirement comprendre un remboursement minimum du capital emprunté.
- Pour aider les consommateurs-emprunteurs à mieux gérer leur endettement, les relevés mensuels des comptes de
crédit renouvelable devront obligatoirement informer les consommateurs-emprunteurs en fournissant une évaluation
de la durée que prendra le remboursement du crédit.

2 MESURES :

Prévoir que chaque échéance de crédit renouvelable comprend obligatoirement un amortissement minimum du capital restant dû.
Informer le consommateur-emprunteur dans son relevé mensuel sur la durée estimée que prendra le remboursement de son crédit.

DEVELOPPER LE CREDIT RESPONSABLE

FICHE 4 Crédit sur le lieu de vente et renforcement des obligations et responsabilités des prêteurs

Le Gouvernement souhaite que la distribution de crédit sur le lieu de vente soit à la fois rapide et efficace pour faciliter la vie des consommateurs tout en assurant que le consommateur-emprunteur soit bien informé et que le crédit qui lui sera proposé soit adapté à sa situation notamment au regard de ses revenus et de son endettement.
Pour atteindre cet objectif, le Gouvernement propose de prévoir des garde-fous à l’entrée dans le crédit. Les obligations et responsabilités des prêteurs seront renforcées dans la loi.

Avant la réforme :
- La loi est aujourd’hui silencieuse sur les responsabilités et devoirs des prêteurs en matière d’explication du crédit et d’évaluation de la solvabilité de l’emprunteur. C’est aujourd’hui la jurisprudence qui dessine les contours de la responsabilité des prêteurs. Une jurisprudence établie consacre notamment un devoir de mise en garde de l’emprunteur non averti sur les risques encourus dans une opération de crédit au regard de ses capacités financières et de l’endettement résultant du prêt.
- Les prêteurs ne consultent pas toujours le fichier FICP qui recense les incidents de remboursement sur les crédits aux particuliers préalablement à l’octroi d’un crédit. Pourtant, l’information contenue dans le FICP est un élément qui peut participer à apprécier la solvabilité de l’emprunteur.
- Vous pouvez aujourd’hui souscrire un crédit sur le lieu de vente sans que l’on vous ait demandé d’informations précises sur vos revenus ou votre niveau d’endettement.

Après la réforme :
- Afin d’éclairer le choix des consommateurs-emprunteurs, le prêteur aura l’obligation de fournir des explications à l’emprunteur sur le crédit qu’il s’apprête à souscrire.
- Afin de distribuer aux consommateurs-emprunteurs des crédits adaptés à leur situation financière, le prêteur aura l’obligation d’évaluer la solvabilité de l’emprunteur. C’est un premier garde-fou contre les difficultés
d’endettement.
- Dans le cadre de l’évaluation de la solvabilité de l’emprunteur, le prêteur aura l’obligation de consulter le fichier FICP qui recense les incidents de remboursement sur les crédits aux particuliers. C’est un deuxième garde-fou contre les difficultés d’endettement.
- Sur le lieu de vente, la personne qui distribue un crédit aura l’obligation de remplir avec le consommateuremprunteur
une fiche qui fait le point sur ses revenus et son niveau d’endettement. C’est un troisième gardefou contre les difficultés d’endettement.
- Pour améliorer la qualité de la commercialisation du crédit notamment sur le lieu de vente, les missions de la Commission bancaire en matière de contrôle de la commercialisation du crédit seront renforcées.

5 MESURES :

Inscrire dans la loi un « devoir d’explication » du prêteur à l’égard de l’emprunteur
Inscrire dans la loi l’obligation pour le prêteur d’évaluer la solvabilité de l’emprunteur
Obligation pour les prêteurs de consulter le fichier FICP qui recense les incidents de remboursement sur les crédits aux particuliers avant d’accorder un crédit
Pour tout crédit sur le lieu de vente, remise obligatoire d’une fiche de dialogue et d’information à remplir par le vendeur et le consommateur-emprunteur et comprenant des informations relatives à l’endettement et aux revenus qui aideront le prêteur à apprécier la
solvabilité de l’emprunteur
Renforcement des missions de la Commission bancaire en matière de contrôle de la commercialisation des crédits

DEVELOPPER LE CREDIT RESPONSABLE

FICHE 5 Réglementer les activités de rachat de crédits

L’activité de rachat ou de regroupement de crédits s’est développée hors de toute réglementation spécifique. Compte tenu de l’essor de cette activité, le Gouvernement souhaite aujourd’hui définir des règles spécifiques de protection des consommateurs-emprunteurs applicables aux opérations de rachat ou regroupement de crédits.

Avant la réforme :
- Il n’existe pas de règles spécifiques de protection des consommateurs-emprunteurs en matière de regroupement ou rachat de crédits.

Avec cette reforme :
- Pour la première fois, la loi définira les règles spécifiques applicables aux opérations de regroupement ou rachat de crédits. Le consommateur-emprunteur disposera ainsi d’une information plus lisible et plus complète. En particulier, la réglementation aura pour objectif de permettre aux consommateurs de comparer le coût total de leurs crédits avant et après regroupement.
- La publicité pour les rachats ou regroupements de crédits sera soumise aux dispositions d’encadrement de la publicité introduites par le projet de loi.

2 MESURES :

Des règles spécifiques de protection des consommateurs emprunteurs seront inscrites dans la loi pour s’appliquer aux opérations de regroupement de crédits.
Les dispositions d’encadrement de la publicité introduites par le projet de loi seront applicables aux rachats ou regroupements de crédits.

DEVELOPPER LE CREDIT RESPONSABLE


FICHE 6 Renforcer les règles de protection des consommateurs-emprunteurs

Le Gouvernement souhaite profiter de la réforme du crédit à la consommation pour transposer la directive européenne crédits aux consommateurs. Cette directive renforce notamment la protection des consommateursemprunteurs en étendant les règles de protection des consommateurs-emprunteurs du Code de la consommation à un plus grand nombre de crédits et en allongeant les délais de rétractation.

Avant la réforme :
- Les règles de protection des consommateurs-emprunteurs du Code de la consommation ne s’appliquent aujourd’hui pas aux crédits à la consommation d’un montant supérieur à 21 500€. Ces règles de protection sont notamment les obligations d’information des consommateurs-emprunteurs, le droit de rétractation et les protections en matière de crédits affectés. Un exemple de protection s’agissant des crédits affectés : le contrat de vente d’un véhicule est résolu de plein droit si le prêteur refuse l’agrément de l’emprunteur. Dit autrement, le vendeur de la voiture ne peut pas exiger du consommateur qu’il paie quand même la voiture, s’il n’a pas obtenu de financement. Aujourd’hui, un consommateur qui finance son véhicule pour 21 600€ avec un crédit, ne bénéficie d’aucune des protections automatiques du Code de la consommation. Le régime de son contrat dépend des clauses contractuelles.
- Le consommateur dispose aujourd’hui de 7 jours pour se rétracter d’un crédit.

Après la réforme :
- Les règles de protection des consommateurs-emprunteurs du Code de la consommation s’appliqueront désormais automatiquement à tous les crédits à la consommation d’un montant inférieur à 75 000€.
- Le consommateur disposera d’un délai de 14 jours pour se rétracter. Ce délai laissera 7 jours de plus qu’aujourd’hui au consommateur pour trouver un financement plus avantageux à un taux d’intérêt inférieur s’il le souhaite.

2 MESURES :

Relèvement de 21 500 à 75 000€ du montant des prêts en dessous duquel les règles de protection en faveur des consommateurs-emprunteurs du Code de la consommation s’appliquent automatiquement.
Allongement de 7 à 14 jours du délai de rétractation sur les crédits.

DEVELOPPER LE CREDIT RESPONSABLE

FICHE 7 Dispositif de sanctions

Le projet de loi a pour objectif de développer le crédit responsable et propose un certain nombre mesures nouvelles pour y parvenir. Ces mesures se traduisent pour plusieurs d’entre elles par des obligations nouvelles relevant de la responsabilité des distributeurs de crédit, qu’il s’agisse du prêteur ou d’un intermédiaire comme le vendeur sur le lieu de vente.
Afin d’assurer leur bonne mise en oeuvre, le projet de loi prévoit un dispositif de sanctions à la fois civiles et pénales qui repose pour l’essentiel sur une extension aux obligations nouvelles des sanctions déjà prévues par le code de la consommation dans son chapitre dédié au crédit à la consommation.
Il en va ainsi des règles nouvelles encadrant l’information, dont les manquements seront sanctionnés par une déchéance du droit à intérêts du prêteur. Ainsi, le prêteur qui omettrait de reproduire dans le contrat de crédit les informations prévues par le projet de loi se verrait déchu de son droit aux intérêts. La même logique a été adoptée s’agissant du devoir d’explication et de l’obligation d’évaluation de la solvabilité.
Les infractions pénales (peine de 1 500 euros et peine de 30 000 euros) déjà existantes ont été étendues aux nouvelles dispositions prévues par le projet de loi notamment en matière de cartes de fidélité et de publicité. Ainsi, si une publicité ne reproduit pas la mention obligatoire introduite par la loi, l’annonceur pour le compte duquel elle est diffusée sera puni d’une peine de 1 500 euros.
Enfin, le projet de loi introduit une responsabilité de plein de droit des prêteurs à l’égard de l’emprunteur pour la bonne exécution des obligations relatives à la conclusion du contrat de crédit, y compris lorsque ces obligations sont exécutées par des intermédiaires.

SURENDETTEMENT :
MIEUX ACCOMPAGNER LES PERSONNES QUI CONNAISSENT DES DIFFICULTES D’ENDETTEMENT

FICHE 8 Faciliter le rebond des personnes surendettées

Le fichier FICP recense les incidents de remboursement sur les crédits aux particuliers. Si l’inscription au FICP protège
les emprunteurs, elle rend également plus difficile l’accès au crédit dans la pratique. Dans un contexte où trois quarts
du surendettement résulte d’incidents de la vie (divorce, perte d’emploi, décès du conjoint), le Gouvernement
souhaite raccourcir les durées d’inscription pour faciliter le rebond des personnes qui ont connu des difficultés
d’endettement.
Le Gouvernement propose un nouvel équilibre pour les durées d’inscription afin qu’elles jouent leur rôle de protection
des emprunteurs et des prêteurs tout en permettant aux personnes ayant connu des difficultés de surendettement de
retrouver, une fois les difficultés surmontées, un accès facilité au crédit. Le Gouvernement souhaite faciliter l’accès
des consommateurs-emprunteurs aux données FICP les concernant.

Avant la réforme :
- Une personne qui a connu un incident de remboursement sur un crédit peut aujourd’hui être inscrite au fichier FICP pour des durées de 8 à 10 ans.
- Il faut aujourd’hui se déplacer physiquement dans une succursale de la Banque de France pour savoir si l’on est inscrit au fichier FICP.

Après la réforme :
- La durée d’inscription au FICP pour les personnes en Procédure de rétablissement personnel (PRP) sera réduite de 8 à 5 ans. Les 5 ans commenceront à courir à compter de la date de clôture du jugement de PRP.
- La durée d’inscription au fichier FICP pour les personnes engagées dans un plan de remboursement d’une commission de surendettement sera réduite de 10 à 5 ans si la personne rembourse son plan sans incident. En cas d’incident de remboursement du plan, l’inscription sera prolongée sans que la durée totale d’inscription puisse dépasser une durée
maximale de 10 ans.
- Un nouveau droit d’accès à distance aux informations FICP sera créé pour les emprunteurs. Chacun pourra interroger à distance la Banque de France pour savoir si il ou elle est inscrit(e) au fichier et connaître la durée de son inscription.

2 MESURES :

Raccourcissement des durées d’inscription au FICP de 8 à 5 ans suite à une Procédure de rétablissement personnel et de 10 à 5 ans dans le cas d’un plan de remboursement suite à une procédure de surendettement.
Permettre aux emprunteurs d’accéder à distance aux informations FICP les concernant

SURENDETTEMENT :
MIEUX ACCOMPAGNER LES PERSONNES QUI CONNAISSENT DES DIFFICULTES D’ENDETTEMENT

FICHE 9 Accélérer les procédures de surendettement

Dans trois quarts des cas, le surendettement résulte d’incidents de la vie (divorce, perte d’emploi, décès du conjoint). Pour aider les personnes en difficulté d’endettement à sortir plus rapidement du surendettement, le Gouvernement veut accélérer les procédures de surendettement.
Une procédure de surendettement qui n’en finit pas, ça peut être déstabilisant pour le moral et ça empêche parfois de se reconstruire et de faire des projets. Accélérer au maximum les procédures de surendettement, c’est faciliter le rebond des personnes qui connaissent des difficultés d’endettement.

Avant la réforme :
- Lorsque qu’un consommateur-emprunteur ne peut plus faire face à ses dettes, il dépose un dossier de surendettement à la Banque de France. La commission de surendettement dispose aujourd’hui d’un délai de 6 mois pour décider de la recevabilité du dossier.
- Les procédures amiables dans le cadre des commissions de surendettement durent en moyenne 3,5 mois.
- Aujourd’hui, les Procédures de rétablissement personnel (PRP) durent en moyenne 16 mois avec des écarts importants d’une procédure à l’autre (entre 8 et 31 mois).

Après la réforme :
- La commission de surendettement disposera d’un délai de 3 mois pour décider de la recevabilité d’un dossier de surendettement.
- Suspension des voies d’exécution dès la recevabilité du dossier de surendettement
- Afin d’accélérer les procédures de surendettement, les commissions de surendettement pourront décider seules de mesures de rééchelonnement de dette et d’effacement d’intérêts. Ces décisions seront susceptibles de recours devant le juge dans les conditions de droit commun.
- Afin d’accélérer les Procédures de rétablissement personnel (PRP), les commissions de surendettement pourront recommander aux juges les mesures d’effacement total ou partiel de dette en cas d’insuffisance d’actifs. Ces mesures prendront effet après leur homologation par le juge. Cette mesure devrait permettre de raccourcir la durée moyenne de 95% des PRP de 1,5 an en moyenne à 6 mois.

3 MESURES :

Raccourcir de 6 à 3 mois le délai dont dispose la commission de surendettement pour décider de la recevabilité d’un dossier de surendettement
Suspension des voies d’exécution dès la recevabilité du dossier de surendettement
Donner pouvoir aux commissions de surendettement pour décider de rééchelonnements de dettes et d’effacements d’intérêts

REFORME DE L’ASSURANCE EMPRUNTEUR

FICHE 10 Transparence et concurrence en matière d’assurance emprunteur

Le Gouvernement souhaite réformer l'assurance emprunteur pour accroître la transparence et la concurrence au bénéfice des consommateurs. L’assurance emprunteur est l’assurance que l’on prend habituellement lorsque l’on souscrit un crédit. Elle permet de faire face au remboursement du crédit en cas de décès, d’invalidité ou de chômage de l’emprunteur. La souscription d’une assurance emprunteur est une condition quasi-systématique d’obtention d’un crédit immobilier.

Avant la réforme :
- A l’occasion d’une demande de crédit immobilier, une banque peut conditionner l’octroi d’un prêt immobilier au fait que le consommateur-emprunteur adhère au contrat d'assurance emprunteur qu’elle commercialise.
- En matière de crédit à la consommation, chaque distributeur d’assurance-emprunteur exprime le prix de son assurance selon le format qu’il souhaite. Certains l’expriment en euros par mois, d’autres en pourcentage du capital emprunté ou restant dû par jours ou par mois, etc. Ces différences de format rendent difficiles la comparaison des offres par les consommateurs.

Après la réforme :
- Le consommateur pourra librement choisir son assurance emprunteur à condition que l'assurance de son choix présente des garanties équivalentes à celles demandées par la banque pour son contrat de groupe.
- Dans leurs documents publicitaires ou contractuels, les distributeurs devront afficher le prix de l'assurance emprunteur en matière de crédit à la consommation dans le même format. Le prix devra être exprimé par tous en euros par mois. Cette transparence sur les prix permettra au consommateur de comparer les offres.
- Pour accompagner cette réforme, les professionnels se sont engagés à remettre à chaque consommateur qui souhaite souscrire une assurance emprunteur à l'occasion de la souscription d'un crédit immobilier une nouvelle fiche de conseil et d'information. Cette fiche, qui sera remplie conjointement par le consommateur et le distributeur, permettra une meilleure information pour le consommateur. Elle contiendra des conseils pour les consommateurs et leur permettra de comparer les offres. La pertinence du contenu de cette fiche qui est standardisé a été testée grâce à des enquêtes auprès de consommateurs.

2 MESURES :

Suppression de la disposition législative qui autorise les banques, à l’occasion d’une demande de crédit immobilier, à imposer au consommateur d’adhérer au contrat d’assurance emprunteur qu’elles commercialisent.
Obligation pour les distributeurs d’afficher le prix de l’assurance emprunteur en euros par mois notamment dans la publicité.



ANNEXE 1

CALENDRIER

29 SEPTEMBRE 2008 – Christine LAGARDE se rend à la commission de surendettement de Saint-Denis et
annonce une série de mesures visant à favoriser le rebond des personnes ayant connu des difficultés
d’endettement. Elle annonce que le Gouvernement travaille à des mesures pour développer le crédit
responsable.
25 NOVEMBRE 2008 - Christine LAGARDE réunit les associations de consommateur et les fédérations
professionnelles de la banque et de l’assurance pour étudier la question de l’assurance emprunteur. A
l’issue de cette rencontre, elle annonce une réforme de l’assurance emprunteur pour renforcer la
concurrence et améliorer l’information au service du consommateur.
3 DECEMBRE 2008 – Lors d’un déplacement à Compiègne le 3 décembre, le Président de la République
demande au Gouvernement de préparer une réforme du crédit à la consommation.
11 DECEMBRE 2008 - Christine LAGARDE et Martin HIRSCH reçoivent, des parlementaires pour lancer la
réforme du crédit à la consommation et de l’accompagnement du surendettement. Elle présente un
certain nombre d’orientations, notamment en matière de publicité et de distribution responsable du
crédit, qui correspondent aux orientations données par le Président.
Trois réunions de concertation ont été organisées les 28 OCTOBRE 2008, 16 ET 23 JANVIER 2009 par le
Ministère de l’Economie, de l’industrie et de l’emploi afin de réunir toutes les parties prenantes au débat
et débattre des principales orientations du projet de loi.
16 MARS 2009 - Six mois après avoir lancé les travaux de préparation du projet de loi, Christine LAGARDE
tient son engagement et présente une vaste réforme du crédit à la consommation afin de favoriser un
développement du crédit responsable. Une réunion de concertation avec les associations de
consommateurs et d’insertion permet de présenter la réforme.
23 MARS 2009 – Publication des résultats de la concertation des associations de consommateurs. L’avantprojet
de loi du Gouvernement est modifié pour prendre en compte le résultat de cette concertation.
22 AVRIL 2009 – Adoption du projet de loi en Conseil des ministres.
FIN DU PRINTEMPS, DEBUT DE L’ETE – Examen du projet de loi du Gouvernement par le parlement.
Entrée en vigueur des dispositions : MI 2010

ANNEXE 2
LOIS ENCADRANT LE CREDIT A LA CONSOMMATION ET LA PROCEDURE DE SURENDETTEMENT
28 DECEMBRE 1966 – Loi relative à l’usure, au démarchage et à la publicité
10 JANVIER 1978 – Loi Scrivener
Protection de l’emprunteur (crédit à la consommation)
Instauration du délai de rétractation de 7 jours
Offres préalables de crédit
Lien entre contrat de vente et crédit
13 JUILLET 1979 – Loi Scrivener
Protection de l’emprunteur (crédit immobilier)
23 JUIN 1989 – Loi Neiertz
Remboursement anticipé
Interdiction de la publicité pour le crédit gratuit
31 DECEMBRE 1989 – Loi Neiertz
Instauration de la procédure de traitement des situations de surendettement des particuliers (hors
dettes professionnelles). Deux phases sont bien distinguées : une phase amiable (commissions de
surendettement) et une phase judiciaire (devant le juge d’instance jusqu’en 1991 puis devant le juge de
l’exécution).
Création du FICP : la durée d’inscription est de 3 ans au maximum pour les incidents de paiement et de
5 ans pour les mesures de surendettement
1ER AOUT 2003 – Loi Borloo
Création de la procédure de rétablissement personnel aboutissant à la vente des biens et à l’effacement
des dettes
Les commissions de surendettement sont élargies : un conseiller en économie sociale et familiale et un
juriste assistent aux réunions sans voix délibérative
La durée d’inscription au FICP des mesures de surendettement est portée à 10 ans et à 8 ans dans le
cas d’une procédure de rétablissement personnel.




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