Vers de nouvelles décisions de la BCE début mars ?

En prenant la décision de baisser son taux directeur la Banque centrale Européenne va permettre aux banques de la zone de se refinancer à meilleur compte.
En cette période de crise économique majeure le rôle de la banque centrale européenne joue un rôle de premier plan. Au milieu du mois de janvier celle-ci annonçait une nouvelle baisse de son principal taux d'intérêt. Après 3 baisses successives entre octobre et décembre, le taux est porté à 2% en début d’année.
Depuis la décision des banques centrales en octobre 2008 de baisser leur taux conjointement de 0,5%, beaucoup d’eau est passée sous les ponts. Depuis le début de l’année les nouvelles sont inquiétantes, chaque nouvelle statistique s'annonce plus mauvaise que les précédentes, tous les indices économiques faisant craindre une récession plus sévère encore que prévue. « On est dans un modèle assez inédit où la production s'est arrêtée de manière très brutale au quatrième trimestre. On sait qu'on aura un mauvais quatrième trimestre (...) le premier trimestre ne sera pas bon non plus » déclare notre Ministre de l’économie Christine Lagarde. Monsieur Trichet de son coté qualifiait à la fin de l’année passée « d’extraordinairement élevé » le niveau d’incertitude sur le front de l’économie en zone euro.
En temps normal, la mission première de la BCE est de maintenir la stabilité des prix. Le principal outil dont dispose l’Institution, le taux de refinancement, influe sur l´octroi des crédits et l’inflation dans la zone euro. En théorie l´usage de ce levier permet, en baissant le taux de refinancement, d´accroitre le crédit offert aux particuliers et aux entreprises, donc de permettre la croissance. A l’inverse la hausse du taux ralentie la demande et contient l´inflation.
L’inflation, contre laquelle l’institution de Francfort lutte en priorité, n´est plus aujourd'hui un souci – 1,6% sur un an annonce Eurostat (office statistique européen).
En baissant massivement son taux principal et en se rapprochant du taux nul la BCE réduit d´autant sa marge de manœuvre. Si cette baisse a permis de montrer une volonté certaine des autorités monétaires d’intervenir sur le problème de refinancement des établissements bancaires et d’être partie prenante dans la gestion de la crise actuelle, sa limite pose aussi la question des autres moyens à mettre en œuvre pour relancer rapidement l’économie et éviter la déflation. La BCE à l’instar de la FED, par exemple, pourrait aussi financer directement l’économie. En se substituant aux banques en achetant des créances d’entreprises non financières. Par ce moyen, elle s`assurait que les liquidités sont bien injectées immédiatement dans l’économie, contournant une rétention potentielle des établissements bancaires.
Pour le moment seule la baisse des taux semble envisagée. Les analystes financiers prédisent un nouveau recul de 50 points de base au mois de mars, ce qui ramènerait le taux directeur à 1,50 %.
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