France : La production industrielle en chute libre.

Les premiers chiffres de l'Insee annoncés aujourd'hui confirment l'entrée de la France dans une dépression grave. Une reprise peut-être envisagée en fin d'année.
Les chiffres de l’Insee annoncés aujourd’hui mardi 10 février confirment l’entrée de la France dans une sévère récession. La production industrielle française après une chute de 2.8% en novembre poursuit son plongeon avec une nouvelle baisse de 1.8% au mois de décembre. La production des biens intermédiaires, catégorie touchée par la crise de l’automobile perd, 7.6% en décembre. Quant à la production dans l’industrie automobile – 7.7% en décembre. Dans l’ensemble, l’activité industrielle de la France s’est nettement dégradée au quatrième trimestre, accusant un recul de 6.7% dans l’industrie et, dans le seul secteur manufacturier, une baisse de 8.6% (secteur automobile).
Le secteur de l’automobile a été indiscutablement le secteur le plus exposé. Celui –ci a largement contribué, en entraînant dans son sillage les industries de biens intermédiaires, à la chute du dernier trimestre 2008. Par rapport au niveau d’activité du troisième trimestre, la production automobile a diminué de plus de 30% au dernier trimestre. L’effondrement de ce secteur, avec une baisse drastique de la demande et une surabondance de stocks, entrainant la fermeture temporaire d’usines et très certainement à moyen terme divers plans de licenciement de personnel, n’augure pas un rebond important au premier trimestre 2009. Dans le contexte de dépression actuel, les primes et le plan de relance de l’état sont des mesures bien venues. Mais seront-elles suffisantes ? A court terme elles peuvent effectivement éviter une catastrophe nationale. Mais ne nous leurrons pas, l’avenir de l’industrie automobile n’est plus assuré sans de rapides changements, tant dans les techniques (moteur électrique, hybride, nouvelle énergie), que dans les habitudes (utilisation réduite des véhicules, petites cylindrées, utilisation des transports en commun, vélos dans les villes, etc.).
Après encore quelques mois de marasme, nous pouvons cependant espérer un lent rétablissement à la fin de l’année 2009. La brutalité de cette crise a obligé l’ensemble de l’industrie à de forts réajustements en fin 2008. Le rythme de baisse semble moins prononcé actuellement, les enquêtes conjoncturelles laissent présager une légère amélioration. La baisse des taux directeurs de la BCE et des matières premières, le repli de l’Euro par rapport au dollar, enfin la réouverture en janvier de chaines de production et le plan de relance permettront une reprise, certes lente, mais réelle de l’activité.
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