Jean-Claude Trichet fait ses adieux en volant au secours des banques
La Tribune - 09/10/2011
Pour le dernier conseil des gouverneurs de son président, la BCE a fait preuve jeudi d'une certaine audace avec l'annonce de mesures non conventionnelles contenues dans sa boîte à outils.
Qui eut cru au début de l'année que Jean-Claude Trichet devrait rejouer le rôle de pompier, en actionnant la lance à incendie, lors de la dernière réunion du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne sous sa présidence. De Berlin, où se tenait le second des deux conseils annuels "décentralisés" de la banque centrale de Francfort, au lieu de célébrer le sauvetage de l'euro et huit années de stabilité des prix, le français Trichet a repris les armes (non conventionnelles) pour tenter de conjurer la crise la plus grave de l'histoire de la zone euro, la plus grave aussi depuis la deuxième guerre mondiale, selon ses propres termes.
En dépit de l'aggravation de la crise de la dette et du coup de froid qui s'abat sur l'économie de la zone euro, il eut été imprudent de sa part d'appuyer sur la détente des taux, comme l'y incitait le FMI, après avoir été l'architecte d'un début de normalisation des conditions de crédit. L'inflation harmonisée des Dix sept est en effet remontée à 3% en septembre, alors que la ligne rouge fixée par la BCE est de 2% maximum. Trichet et ses pairs ont donc maintenu le principal taux directeur, le taux de refinancement, à 1,5%, niveau sur lequel il stationne depuis juillet après deux hausses d'un quart de point qui l'ont fait décoller du plancher historique de 1%. Le spectaculaire ne fait pas partie des armes de Trichet....
http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20111007trib000654952/
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